SOCIÉTÉ BOUDDHIQUE LAOTIENNE  WAT LAO SAMAKHIDHAMMARAM                         

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L’HISTOIRE  DU  BOUDDHA 

          Il y a 2600 ans environ, de nombreux petits royaumes existaient dans le nord de l’Inde, au pied des montagnes himalayennes, chacun était gouverné par son propre Roi. L’un de ces royaumes était le pays des Sakyas. C’était un clan de guerriers et le roi qui les gouvernait à cette époque s’appelait Suddhodana. Le Roi habitait dans la capitale nommée Kapilavastu, à la frontière népalaise.
          Une nuit, la Reine Maha Maya eut un rêve très étrange. Elle vit entrer dans sa chambre un énorme éléphant blanc qui portait une fleur de lotus. Il tourna trois fois autour de son lit en barrissant. Dans la matinée, le Roi convoqua au palais les Sages du pays pour connaître la signification de ce rêve.
          ‘O Roi, votre Reine donnera naissance à un fils exceptionnel et noble’ ; dirent-ils. Le Roi et la Reine en furent très heureux.
           Lorsque le moment prévu pour la naissance fut arrivé, la Reine, selon la coutume de l’époque, demanda au Roi si elle pouvait rendre visite à ses parents qui habitaient dans le royaume voisin. Le Roi s’empressa de répondre à son désir en ordonnant que tout soit fait pour que le voyage soit agréable. Elle était transportée dans un palanquin royal et accompagnée d’une suite magnifiquement habillée et dont les bijoux étincelaient.  Sur le trajet, ils devaient passer près d’une forêt et de merveilleux jardins appelés Lumbini.  En arrivant dans ce lieu enchanteur, et en voyant les sommets himalayens recouverts de neige, la Reine pensa qu’elle aimerait se reposer un moment dans l’ombre fraîche. Et, ainsi, il arriva, qu’assise sous un arbre Sal, dans le paisible bosquet Lumbini, elle mit au monde un garçon.
         C’était le jour de la pleine lune du mois de Vesak (Mai). Tous les arbres étaient en fleurs et une brise légère répondait à la musique des oiseaux et des animaux de ce ravissant jardin boisé. Les abeilles bourdonnaient allègrement en allant de fleur en fleur recueillir du miel. Toute la nature semblait se réjouir de la naissance de ce Prince.
         Tout le groupe revint à Kapilavastu et le nouveau Prince y fut accueilli avec une grande allégresse. L’enfant était très beau. Sa peau avait la couleur de l’or et ses yeux étaient d’un magnifique bleu violet foncé. Ses cheveux étaient noirs et tout son corps et ses membres étaient d’une forme parfaite.
         Après la naissance, l’un des premiers visiteurs au palais fut un Sage avisé appelé Asita. En voyant l’enfant, d’abord il sourit puis des larmes coulèrent sur son visage. Le Roi et la Reine s’inquiétèrent.  “Est-ce qu’un malheur arrivera à notre fils ? “ Oh non,  Vos Majestés ”, répondit le Sage. ‘Votre fils sera extrêmement favorisé. Je souris car j’ai beaucoup de chance de le voir, il n’est pas un être humain ordinaire. Il sera tout à fait exceptionnel. En fait, il deviendra un jour un Bouddha, un être Parfaitement Éveillé qui enseignera au monde entier le vrai bonheur de la délivrance de la Souffrance’.
         À présent, je suis un vieil homme et je ne verrai pas ce jour, c’est pourquoi je suis triste.
         Le Roi ne fut pas réellement heureux en entendant ces paroles. Il invita au palais d’autres hommes instruits et avisés, huit d’entre eux, pour la cérémonie de la nomination de son enfant.
        Ils examinèrent des marques spéciales sur le corps de l’enfant. Sept dirent qu’il deviendrait un jour un grand empereur ou même un Bouddha. Mais le huitième Sage, qui s’appelait Kandanna fut très catégorique et affirma qu’un jour, le Prince verrait quatre signes particuliers et qu’il abandonnerait son palais et sa famille. Il mènerait la vie simple d’un ascète en méditation et il deviendrait un Bouddha. En entendant cela, le Roi et la Reine furent très troublés. L’enfant fut appelé Siddharta, qui signifie `celui dont les désirs seront exaucés `, son nom de famille était Gotama.  La Reine Maha Maya mourut huit jours après la naissance du Prince. La sœur de la Reine, Prajapathi Gotami s’occupa de lui et en prit soin comme si c’était son enfant. En grandissant, il devint beau, de grande taille, fort et très doué pour les études. En même temps, il était doux et bienveillant avec des manières agréables et son peuple l’aimait.
          Un jour, son père l’emmena à la fête du labourage qui avait lieu chaque année. Le Roi conduisait le premier attelage de deux bœufs décorés d’harnachements en or et tirant une charrue en or. Les autres nobles suivaient le Roi en conduisant des charrues en argent et leurs bœufs portaient des harnais en argent. Le jeune Prince était assis à l’ombre d’un pommier rose. Au lieu de prendre plaisir à la cérémonie, il commença à méditer. Il se concentra sur sa respiration, conscient d’inspirer, conscient d’expirer. Sa suite, en revenant près de lui, le trouva assis, les jambes croisées, plongé dans une extase profonde. `Quel enfant spécial `, dirent-ils, et ils allèrent en informer le Roi.
         Siddharta était très bon envers les animaux. Il préférait jouer seul plutôt que de se joindre à ses amis pour des jeux cruels.   Un jour, il était dans le bois avec son cousin Devadatta qui tira un oiseau en vol au-dessus d'eux. L'oiseau tomba à terre. Siddharta courut vers lui, il commença par retirer délicatement la flèche puis il ramassa des herbes médicinales et pressa leur jus sur la plaie afin d’arrêter le saignement et il calma l’oiseau effrayé.
          Devadatta déclara que l’oiseau lui appartenait `il est à moi, je l’ai tué ` dit-il. `Si tu l’avais tué, il serait à toi. Il est seulement blessé et je lui ai sauvé la vie, il est donc à moi`dit Siddharta. Finalement, ils décidèrent d’aller devant un conseil d’hommes sages pour régler le problème. Le Conseil décida qu’une vie appartient à celui qui la sauve et non à celui qui essaie de la détruire. Ainsi, Siddharta eut le droit de prendre l’oiseau. Devadatta fut très en colère. La compassion de Siddharta et sa nature contemplative inquiétaient profondément le Roi. Il réfléchissait souvent à la prophétie des Sages. Il décida de s’assurer, d’une façon absolue, que son fils ne voie pas les quatre signes spéciaux qui lui feraient abandonner un jour ses plaisirs de Roi. Le Roi Suddhonana ordonna donc que le Prince ne soit entouré que par les aspects heureux de la vie. Les personnes âgées et malades furent tenues à écart. La mort ne fut pas mentionnée. On raconte que même les fleurs et les feuilles fanées étaient retirées des jardins royaux et des parcs afin que le Prince ne puisse rien apercevoir suggérant de déclin. Le Roi procurait tous les objets de luxe. Trois palais furent construits pour les trois saisons de l'année, la saison chaude, la saison pluvieuse et les mois frais de l'hiver. Ces palais avaient de superbes jardins agrémentés de fontaines et de bassins pleins de poissons, de cygnes et de nénuphars.
          Une suite jeune le servait. Des danseuses et des musiciens le divertissaient. Le Prince grandit dans cet environnement et devint un jeune homme très fort et très beau. Il avait atteint, maintenant, l’âge de se marier.
          Son père, le Roi, envoya aux royaumes voisins des propositions de mariage pour Siddharta. Les messagers revinrent et répondirent que quoiqu’il fut beau et riche, le Prince n’était pas un guerrier et les rois voisins ne désiraient pas que leur fille épouse un poltron. Le Roi, en entendant cela, fut très bouleversé. Mais Siddharta dit qu’il prouverait son habileté dans n’importe quelle compétition, y compris le tir à l’arc. Ce jour-là, il y eut, partout, de grandes réjouissances. Dans la cour du palais, étaient rassemblés les chevaux, avec leurs harnais étincelants, chacun accompagné de ses porte-étendards personnels, présentant ses drapeaux colorés.
          `Siddharta a gagné la course de chevaux et il est également, le premier dans le concours de tir à l’arc `criait la foule excitée. Il gagna facilement tous les concours qui eurent lieu. Ayant prouvé son adresse dans les arts martiaux, son père organisa un banquet afin de lui choisir une fiancée. Les rois voisins furent heureux d’y envoyer leurs filles. A la surprise générale, Siddharta choisit sa propre cousine, la ravissante Yasodhara. Son père accepta de la donner en mariage au valeureux Prince.  Ils vécurent avec splendeur dans un nouveau palais, tout était délice et charme autour d’eux.
          A mesure que le temps passait, le palais avec tout son luxe et ses amusements ennuyèrent Siddharta et l’énervèrent. Également, tous les efforts du Roi Suddhodana pour intéresser son fils aux biens de ce monde ne firent qu’augmenter la curiosité du Prince pour voir le monde extérieur. Alors, un jour, il ordonna au conducteur royal de char de le conduire à la périphérie du palais.
         Channa choisit un char magnifique tiré par des chevaux blancs. Les gens se réjouirent de voir leur beau Prince passer dans la rue.  Ils n’étaient pas allés trop loin lorsqu’ils virent au bord de la route, un vieil homme voûté. C’était un spectacle tout à fait inhabituel pour le Prince. Il arrêta les chevaux. `Qui est-ce, il ressemble à un homme mais ses cheveux sont blancs. Il n’a pas de dents, ses joux sont creuses et sa peau est ridée. Il est faible et courbé et s’appuie sur un bâton. Quelle sorte d’homme est-ce ?’
          `C’est un vieil homme` répondit Channa. Il a vécu pendant très longtemps `.
          `Est-ce que tout le monde devient vieux, Channa. Est-ce que ma belle Yasodhara deviendra vieille, et vous-même ? Est-ce que je deviendrai vieux moi aussi ?”
          Siddharta fut profondément troublé par ce qu’il avait vu.
          Un autre jour, quand il était dehors avec Channa, ils virent un homme malade. Il était si faible qu’il ne pouvait pas se tenir debout mais il roulait sur le sol en criant de douleur. Son corps était couvert de plaies et il bavait. Channa expliqua que n’importe qui pouvait tomber malade à n’importe quel moment.
          A la troisième sortie hors du palais, ils virent passer un cortège funèbre. Le convoi gémissait de douleur en portant le corps.  “Pourquoi portent-ils cet homme ?” dit Siddharta très étonné. `C’est un mort, mon Seigneur`.  Pour répondre à plusieurs questions du Prince, Channa expliqua que la mort est la fin de la vie et que c’est le sort commun à tous ceux qui sont nés. `Oui, même vous et votre Princesse Yasodhara  mourront sûrement un jour, mon Seigneur,` tout à fait insouciant des ordres du Roi.
          Siddharta, en réalisant cela, faillit se trouver mal. `Retournons immédiatement au palais., Dit-il.`Je ne veux pas aller plus loin `.
          Sur le chemin du retour, ils virent un autre spectacle inhabituel. C’est un homme vêtu d’une robe jaune et à la tête rasée. Le Prince fut impressionné par son air calme et paisible. Channa expliqua que c’était un Sage, un homme qui avait renoncé à sa maison et à sa famille pour trouver le chemin menant à l’extinction de la Souffrance.
          Au palais, sa belle-mère lui demanda pourquoi il paraissait si triste.
          `J’ai appris que tous les êtres vivants deviennent vieux et laids, qu’ils deviennent malades et qu’ils meurent. Je suis triste lorsque je pense à tout cela`répondit tranquillement Siddharta.
          Siddharta avait maintenant vu les quatre signes particuliers qui devaient changer sa vie, selon la prédiction faite à sa naissance par les Sages et les hommes érudits.
          Le Roi fut extrêmement peiné de voir que toutes les précautions qu’il avait prises pour protéger son fils avaient échoué.
          Cependant, lorsque la Princesse Yasodhara donna naissance à un fils, il fut rempli de joie et organisa une grande fête pour célébrer la naissance de son petit-fils. Il espérait, qu’à présent, Siddharta ne quitterait pas sa femme et son enfant.
          Le Prince assista à la fête, mais il était préoccupé par ses propres pensées.
          Je dois devenir comme cela, comme cette personne paisible et calme que nous avons vue dans la rue, habillée en jaune et cherchant le chemin de l’extinction de la souffrance. Aujourd’hui même, je renoncerai au monde. J’ai vécu toutes ces années une vie superficielle et très vide``.
          A mesure que la soirée s’avançait, il s’assoupit comme s’il ne s’intéressait aucunement aux divertissements prévus. En voyant le Prince endormi, les danseuses et les musiciens s’arrêtèrent de danser et de chanter, ils s’allongèrent pour se reposer mais bientôt ils s’endormirent.
          Quand le Prince s’éveilla, il fut très surpris de voir tout le monde autour de lui, profondément endormi. Comme la soirée était différente ! Les danseuses et les chanteurs qui auparavant avaient semblé si élégants, étaient maintenant étendus ici et là, quelques-uns uns ronflaient, d’autres grinçaient des dents. C’était un spectacle très déplaisant. Son désenchantement de la vie dans le monde fut total.
          Il quitta la pièce sur la pointe des pieds et demanda à Channa de seller son cheval favori Kanthaka. Puis, il alla aux appartements de Yasoddhara et, très silencieusement, il regarda dans la chambre à coucher. Elle était profondément endormie et tenait l’enfant dans ses bras. Siddharta avait seulement 29 ans. Avec le cœur lourd, mais fermement déterminé, il s’arracha à eux et sortit du palais à cheval avec Chanta.
          En atteignant la rivière Neranjara, il mit pied à terre, il coupa ses cheveux, retira ses vêtements princiers et ses bijoux, il les donna tous à Channa et lui ordonna de retourner au palais en emmenant le cheval avec lui. Channa fut très triste. Il implora le Prince de vouloir bien le garder auprès de lui mais Siddharta refusa avec fermeté. Il désirait surtout que Channa retourne dire à la famille royale de ne pas se lamenter de son départ, car un jour, lorsqu’il aurait achevé sa recherche, il reviendrait.
          Channa se prépara pour partir, mais alors Kanthaka refusa de bouger. Siddharta lui parla avec douceur et le persuada d’aller avec Channa. Mais Kanthaka savait qu’il ne reverrait pas le Prince et il était si triste qu’il n’arrêtait pas de se retourner pour regarder avec amour son maître. En chemin, il mourut de chagrin.
          Siddharta échangea ses vêtements princiers contre ceux d’un mendiant et il marcha seul. Il n’était plus un Prince, mais l’ascète sans foyer, Gotama, à la recherche de la Vérité.
          Il alla voir Alara Kalama et Uddakaa, des maîtres très connus à cette époque. Siddharta étudia énormément jusqu’à ce qu’un jour Alara lui dise : `Je n’ai rien de plus à vous enseigner. Vous êtes maintenant mon égal. Voulez vous rester et m’aider avec mes élèves ? `. `Ne pouvez-vous pas m’enseigner à échapper à la mort, à la maladie et à la vieillesse`demanda Gotama. `Non`, dit Alara, `il n’y a personne au monde qui sache cela `.
          Il poursuivit donc sa recherche avec d’autres maîtres et n’étant pas satisfaits, à nouveau il s’en alla seul. A ce moment-là, il se joignit à cinq autres ascètes qui s’appelaient Kondanna, Bhaddiya, Vappa, Mahanama et Assaji. Ils pratiquèrent ensemble la maîtrise de soi, la mortification, c’est-à-dire refuser les besoins normaux de nourriture et de repos, dormir sur le sol dur et mener d’une façon générale une vie inconfortable et pénible. Ils croyaient que pour se purifier spirituellement, on devait torturer son corps.
          L’ascète Gotama devint si faible qu’un jour il s’effondra de faim et de douleur. Il fut trouvé par un berger qui le nourrit de lait et le soigna jusqu’à ce qu’il ait regagné des forces.
          Il réalisa qu’une vie de mortification était inutile. Il savait, par expérience, que la vie de luxe, à laquelle il avait pris plaisir, comme Prince, était également vaine. Il décida donc de prendre un chemin entre ces deux extrêmes `Le Chemin du Milieu `. IL commença à revivre une existence normale. Les cinq ascètes furent déçus par lui et le quittèrent.
          Il était déterminé à chercher seul la Vérité, sans l’aide de maîtres ni de compagnons.
          A ce moment-là, une femme appelée Sujatha vivait dans un village voisin. Elle avait un fils, et pour accomplir un vœu qu’elle avait fait, elle prépara comme offrande un plat spécial de riz au lait et elle alla au même bosquet que celui où l’ascète Gotama méditait.
En voyant le personnage beau et serein assis sous un banian, Sujatha fut envahie d’une crainte respectueuse. Elle présenta son offrande et dit   `Vénérable, qui que vous soyez, dieu ou homme, acceptent, je vous prie, ce riz au lait, et je vous souhaite d’atteindre le but que vous recherchez`. Il prit l’offrande, puis il se baigna dans la rivière et il s’assit sur la berge et mangea le riz au lait. Après cela, il retourna à la rivière et il posa le bol vide sur l’eau et dit :`Que ce bol remonte le courant si je dois atteindre l’Éveil `.
          Le bol remonta le courant.
          Il retourna à Gaya, à l’abri d’un arbre et avec une totale confiance en lui-même, il commença à méditer. Il prit cette résolution :`Je ne bougerai pas d’ici avant d’avoir atteint le Parfait Éveil `, et il passa la soirée entière dans cette posture de méditation.
          De nombreuses pensées au sujet de sa femme bien-aimée et de son enfant, des souvenirs de sa maison luxueuse, de ses parents, de ses amis, des fêtes et des divertissements. Tout ceci surgissait devant ses yeux comme des éclairs, mais il n’était pas attiré. Avec une ferme détermination, il continua à méditer jusqu’à ce que son esprit émergeant de sa méditation devienne pure et claire.
          Sa recherche durant six longues années était terminée, en atteignant l’état de Bouddha, le Parfaitement Éveillé.
          C’était une nuit du mois de Vase (mai) où la lune brillait en projetant sa lumière argentée éclatante sur toute la campagne. Le Bouddha avait 35 ans. Après l’Éveil, il resta assis sous l’arbre durant une semaine en appréciant l’état de bonheur parfait qu’il avait atteint. Les six semaines suivantes, il resta autour de l’arbre en différant postures.
          On raconte que pendant une semaine, il contempla avec gratitude l’arbre qui l’avait abrité. Plus tard, l’arbre fut connu comme étant l’Arbre de L’Éveil ou arbre de Bodhi et l’endroit prit le nom de Buddha-Goya.
          À la fin de la septième semaine, Il décida d’enseigner la Doctrine (le Dhamma) qu’il avait découvert. Il savait que le Dhamma ne serait pas facilement compris et qu’il aurait peu d’attrait pour la majorité des gens.  Néanmoins, il sentit qu’il lui fallait transmettre sa  doctrine car  nombreux  étaient ceux dont l’esprit était prêt à recevoir son enseignement. Ses maîtres étaient morts, il se souvint des cinq ascètes qui l’avaient quitté. Il marcha longtemps, plus de cent cinquante kilomètres  jusqu’au Parc des Gazelles à Isipatana, près de Bénarès,  là où les ascètes pratiquaient encore leur discipline extrême.
         En l’apercevant de loin, ils décidèrent de l’ignorer mais en le voyant approcher, ils remarquèrent qu’il avait changé. Il était majestueux et imposant. Il y avait un certain rayonnement autour de lui. Ils s’avancèrent pour l’accueillir, ils lui offrirent un siège et, selon l’usage, ils allèrent chercher de l’eau pour lui laver les pieds.
         Ce soir-là, le jour de la pleine lune du mois d’Esala (juillet) le Bouddha  fit son premier discours ( le Sermon du Parc des gazelles – La  Mise en Route de la Roue de la Loi). Il dit aux cinq ascètes : `Moines, un ermite doit éviter les deux extrêmes. Le Chemin du Milieu tel que je le comprends et la pratique procure l’intuition et la Connaissance et il conduit à l’Eveil`.
         Le Bouddha leur expliqua alors les Quatre Nobles Vérités qui sont la base de son Enseignement.
       1-  Dans ce monde existe la souffrance telle que la maladie, la vieillesse, la mort, la séparation de ceux qu’on aime et les non-obtention de ses désirs.
       2-  La cause de la souffrance est le désir  ou la convoitise basées sur l’avidité et l’égoïsme. Plus nous désirons et plus la vie est insatisfaisante.
       3-  Pour mettre un terme à la souffrance on doit supprimer le désir ( De même qu’un feu s’éteint lorsqu’il n’est  plus alimenté, de même le malheur cesse lorsqu’il n’est plus alimenté par le désir)
       4-  Le moyen de mettre fin à la souffrance est de suivre le Chemin du Milieu ou le ` Noble Sentier à Huit Voies`, c’est-à-dire :

MORALITÉ                Parole juste

                               Action juste

                               Moyens d’existence justes

CONCENTRATION    Effort juste

                               Attention juste

                               Concentration juste

COMPRÉHENSION    Compréhension juste

                               Pensée juste

          Les cinq ascètes dont l’esprit était fortement développé comprirent son Enseignement et devinrent ses premiers disciples. Le Sangha ou Communauté des Moines était ainsi formé

         Le Bouddha dit :`Allez Moines Enseignez ce Dhamma qui est excellent au début, au milieu, et à la fin. Les yeux de quelques personnes sont obscurcies par très peu de `poussières `, celles-ci comprendront`.
          Ils partirent donc pour diffuser le Dhamma. Le Bouddha, lui-même, marchait de village en village. Au cours d’un de ses trajets au village de Rajagaha, il vit un troupeau de cerfs. Un faon boiteux était parmi eux. Le Bouddha le prit dans ses bras et demanda au berger l’endroit où il les amenait. `Ces cerfs appartiennent au Roi Rimbisara. Ils vont être sacrifiés dans un feu sacré. Le Bouddha portant le faon et marchant avec le berger, alla voir le Roi. `O, Roi, tuer des animaux innocents est un acte cruel. Ce n’est pas la Voie du Bonheur `.
           Il expliqua que la vie est sacrée, ainsi que l’exprime admirablement la ` Lumière d’Asie ` : ¨Vie, que chacun peut prendre mais aussi donner, Vie, que toutes les créatures aiment et s’efforcent de conserver, merveilleuse, précieuse et agréable à chacun même au plus misérable…`.
          Le Roi et son peuple acceptèrent l’Enseignement et prirent Refuge dans le Bouddha.
          Quand le Roi Suddhadana apprit que son fils était maintenant à Rajagaha, il envoya un messager au Bouddha pour lui dire qu’il devenait âgé et qu’il désirait voir son fils avant de mourir.
         Alors le Bouddha et ses disciples arrivèrent à Kapilavastu et le peuple se précipita pour voir le Prince.
         Il avait quitté son foyer depuis sept ans. IL fut accueilli au palais par son père et par les autres membres de la famille royale. Il leur enseigna le Dhamma et ils furent tout convaincus de la Vérité, sauf le Roi.
         Le lendemain matin, le Bouddha alla mendier de la nourriture de maison en maison. Le Roi en fut profondément irrité.
         `Comment pouvez-vous me déshonorer ainsi ? Pourquoi ne pouvez-vous pas manger au palais ?
         `C’est notre habitude de mendier la nourriture `répondit le Bouddha.
         `Quelle habitude `demanda le roi ? `En vérité, vous n’êtes pas un mendiant, vous appartenez à la lignée et au clan Sakyah. Vous êtes Prince.`
           `Votre Majesté `, dit le Bouddha `vous pouvez prétendre descendre des Rois, mais moi je suis le descendant d’une longue lignée de Bouddha. Ils ont toujours mendié leur nourriture `. Il céda cependant aux demandes répétées du Roi et il prit sa nourriture au palais durant son séjour à Kapilavastu.
          Jusqu’à présent, le Bouddha n’avait pas vu Yasadhara. Alors, il alla à ses appartements et en le voyant elle se jeta à ses pieds en pleurs. Il lui dit des paroles de réconfort.
           Le septième jour de sa visite à Kapilavastu, Yasodhara habilla, avec élégance, son fils Rahula âgé de sept ans et l’emmena voir le Bouddha.
          `Ce Sage, au teint doré, est votre père `dit-elle. `Autrefois il était très riche. Allez le voir et demandez-lui votre héritage car, à présent, il doit vous revenir `.
           Rahula fit ce qu’on lui dit. Le Bouddha pensa, `il désire son héritage. Il pense à argent, aux bijoux, aux palais, aux chars, aux armes et aux possessions. Je lui enseignerai le Chemin de l’Éveil `.
          Il demanda à Sariputta, son principal disciple, d’ordonner Rahula novice. En apprenant cela, le Roi Suddhodana fut très triste et avec respect, il demanda au Bouddha de ne pas ordonner novices des enfants sans la permission des parents. `Lorsque vous avez quitté la maison, sans dire adieu, cela m’a rendu très malheureux. Puis j’ai commencé à aimer Rahula, maintenant vous l’avez également pris `.
          Le Bouddha expliqua la Vérité qu’il avait découverte, avec une telle simplicité et une telle persuasion que son père en vint à accepter son Enseignement et de nombreux membres de la famille royale devinrent moines.
          L’un d’eux était son cousin Devadatta, compagnon de jeux durant son enfance. Il devint jaloux du Bouddha et essaya de le tuer de plusieurs manières, enfin de pouvoir diriger le Sangha, la communauté des moines.   Un jour, alors que le Bouddha était assis et enseignait, Devadatta fit dégringoler, de très haut, une grosse et lourde pierre, mais le rocher éclata en deux parties qui tombèrent de chaque côté du Bouddha. Une autre fois, il enivra l’éléphant Nalagiri pour qu’il attaque le Bouddha. L’éléphant furieux se précipita vers lui dans une rage folle. Le Bouddha utilisa ses grands pouvoirs mentaux pour calmer l’éléphant qui s’agenouilla à ses pieds. A la fin de sa vie, Devadatta se repentit et alla voir le Bouddha pour apaiser son esprit agité. Il tomba à genoux devant le Bouddha et implorant son pardon, il prit Refuge dans le Bouddha.
          La renommée du Bouddha comme maître était largement répandu et ses disciples venaient de toutes les classes sociales, Rois et Brahmanes aussi bien que parias et pauvres prenaient Refuge en lui. Nombreux étaient ceux qui venaient pour être conseillés et réconfortés. Ce fut le cas d’une femme Kisagotami. Lorsque son premier enfant mourut, elle fut frappée de douleur. Elle prit dans ses bras le corps et erra dans les rues en demandant un médicament pour faire revivre son enfant. Les gens pensèrent qu’elle était devenue folle. Un homme bon et avisé l’emmena voir le Bouddha.  Le Bouddha savait combien elle était malheureuse, il lui dit d’aller chercher des graines de moutarde. Elles étaient couramment utilisées en pharmacie et faciles à trouver. Kisagotami fut soulagée.
          `Mais, souvenez-vous qu’elles doivent provenir de maison où personne n’est mort. Si vous pouvez m’en apporter une poignée, je ferai renaître votre enfant `.
          Kisagotami alla de maison en maison, de famille en famille, mais tous répondaient : ¨Oh, il y a eu ici de nombreux morts `ou ¨mon mari (père, mère, sœur, etc.. ) sont morts ici récemment `.
          Elle visita méticuleusement toute la ville sans trouver une seule maison où il n’y ait pas eu de mort. Ayant compris que le grand maître désirait qu’elle trouvât par elle-même…que la mort est le sort commun de tous, elle retourna voir le Bouddha et lui dit :
          `Ma douleur m’a aveuglée `.
          Elle était prête mentalement, pour recevoir son Enseignement.
         `Tout ce qui est apparu ou apparaîtra doit inévitablement et devra à nouveau disparaître. IL n’y a qu’une seule loi dans le monde : Tout est impermanent `.
          Peu après, le Roi Suddhodana mourut. Son épouse, Prajapati Gotami, la tante du Prince Siddharta qui l’avait élevée, vint voir le Bouddha pour lui demander de l’ordonner, comme une de ses disciples, de même qu’il faisait pour les hommes qui formaient le Sangha. Le Bouddha refusa de le faire bien qu’elle l’eût imploré trois fois.
          Gotami refusa de se décourager. Avec plusieurs femmes de Kapilavastu, elle se fit tondre la tête et revêtit une robe jaune et suivit le Bouddha jusqu’à Vasali, où, à présent, il demeurait. En arrivant, elles étaient dans un piteux état. Leurs pieds avaient des plaies et saignaient. Ananda, le disciple préféré du Bouddha, vit Gotami qui attendait, il lui demanda ce qui était arrivé. Après qu’elle lui eût tout raconté, il alla voir le Bouddha et le persuada finalement d’ordonner Gotami.
          Bien que le Bouddha ait dit que les femmes comprendraient son Enseignement le plus profond, il ne désirait pas créer un ordre de nonnes car il savait qu’un tel ordre ne durerait que cinq cents ans. Il ordonna Gotami parce qu’elle s’était occupée de lui avec bonté, lorsqu’il était enfant, et il ordonna toutes les femmes Sakyan qui étaient avec elle, mais cela se passa comme il l’avait dit : l’ordre des nonnes ne continua pas de la même manière que le Sangha.
           Le Bouddha avait trente cinq ans lorsqu’il atteignit l’Éveil. Partout où il allait, des foules se rassemblaient pour le voir et pour entendre son Enseignement. Durant les quarante cinq années qui suivirent, il marcha avec ses moines en enseignant le Dhamma au Nord et à l’Est de l’Inde. Les Rois, les Nobles, et les riches marchands offrirent avec générosité des monastères et des parcs dans lesquels lui et ses moines pouvaient vivre.
         Plus tard, les monastères devinrent des lieux d’étude et l’Enseignement du Bouddha se propagea en Asie dans des pays tels que Shri Lanka, Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Vietnam, Laos, Népal, Tibet, Mongolie, Chine, Corée et Japon. Aujourd’hui, le Bouddhisme est la religion de plus de cinq cents millions de personnes. Le développement culturel de toutes les nations bouddhistes est dû principalement à ses enseignements. Aucune arme n’a été utilisée, aucune guerre engagée, aucune goutte de sang n’a jamais été versée pour sa diffusion. Il se répandit pacifiquement grâce à l’amour et à la compassion qu’il enseignait et à l’esprit raisonnable auquel il faisait appel.
          Le Bouddha conseilla au Sangha des moines une vie très simple, paisible, au service des autres. Les moines devaient avoir de la nourriture, des habits, un abri et des médicaments, mais pas des maisons luxueuses, ni de multiples biens.   La manière bouddhiste de vivre, pour eux qui suivent son enseignement, consiste à prendre à ne pas être égoïste et à se libérer du désir. Le Bouddha âgé était sur le point de mourir. Il tomba malade près de Kushinagara dans l’actuel Uttara Pradesh. Étant étendu dans un bosquet d’arbres de sala, il s’adressa aux moines autour de lui : ` Toutes les choses périssent. Soyez attentifs, soyez honnêtes, soyez vigilants. Soyez des lampes pour vous-mêmes. Toutes les choses composées sont passagères. Efforcez-vous donc, avec ardeur, d’atteindre la perfection`.
          Ce furent les dernières paroles du Bouddha.
         À la pleine lune du mois de Vesak (mai), alors que le crépuscule tombait paisiblement et calmement sur les oiseaux, les animaux, le Bouddha mourut à l’âge de quatre-vingt ans. Il ne devait plus y avoir, pour lui, de naissance, ni de mort.  Le Bouddha fut incinéré avec toute la pompe et la cérémonie dus à son rang royal. Ses reliques furent réparties dans des nombreux pays bouddhistes pour y être conservées précieusement et vénérées indéfiniment.
 LE  PARFAITEMENT  ÉVEILLÉ – ( Le Bouddha )
          Le Bouddha fut un homme qui comprit parfaitement la vie et ses problèmes. Il réalisa que la Souffrance caractérise tous les êtres vivants et il décida de donner au monde son Enseignement de bonté et de compassion.
 ÉVEIL :  
          Compréhension parfaite de la vie que le Bouddha a atteinte.
 MÉDITATION :
          Développement de la concentration à de très hauts niveaux.
          La concentration est nécessaire dans la vie de chaque jour pour faire son travail ou nettoyer sa maison ou faire ses courses, etc.… En méditant sur un sujet comme observer Ses inspirations et Ses expirations ou en dirigeant des sentiments bienveillants vers tous ceux que l’on connaît, on peut calmer et apaiser son esprit et ainsi obtenir la paix et se libérer de la tension et de la Souffrance mentale au milieu de la précipitation et de la frénésie de la vie moderne du XXème siècle.
 

Introduction to BUDDHISM

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Last modified: 2006-03-22